L'Officiel des Cuisinistes
analyse
Les enseignements de L’Observatoire Cetelem

Publié le 16 novembre 2020

Image_article_17961.jpg

Près de neuf mois après le début de la pandémie sur notre continent, L’Observatoire Cetelem a souhaité partir à la rencontre des consommateurs européens pour en mesurer l’impact sur leur moral, leurs intentions d’épargne et de consommation mais aussi pour observer comment ils s’adaptent à ces différentes crises (sanitaire, économique et sociale). Réalisée en partenariat avec Harris Interactive, cette enquête a été menée en ligne simultanément dans neuf pays européens auprès de 7.400 consommateurs, dont 1.000 Français.

Dans un contexte toujours anxiogène sur le plan sanitaire, le moral des Européens est en recul par rapport à fin 2019 : ils donnent une note de 5/10 pour décrire la situation générale de leur pays, en baisse de 0,5 point. Ce sont les consommateurs des pays les plus durement touchés par l’épidémie qui apportent un jugement plus sévère et qui affichent des fléchissements plus marqués : Belgique (- 0,7), France (- 0,6), Espagne (- 0,6, à 3,9/10), et Royaume-Uni ( -0,5).

En revanche, l’évaluation de leur situation personnelle ne marque pas de décrochage significatif à l’heure où la crise semble pourtant s’installer plus qu’elle ne paraît se terminer (5,9/10, en diminution de seulement de 0,1 point). Ce décalage de perceptions est particulièrement marqué en France (4,7/10 s’agissant de la situation du pays contre 6/10 concernant leur situation personnelle). La crise perdure mais la situation personnelle de chacun ne s’est donc pas vraiment dégradée pour le moment. Les plans de soutien sans précédent déployés par de nombreux pays jouent sans conteste un rôle d’amortisseur plutôt efficace.

38 % des Européens déclarent que la crise sanitaire a fait baisser leur pouvoir d’achat, seuls 13 % d’entre eux estiment qu’il a progressé contre 21 % fin 2019. Mais c’est le sentiment d’une stagnation qui prédomine, 49 % des consommateurs affirmant que leur pouvoir d’achat est resté stable. C’est particulièrement notable dans les pays où les pouvoirs publics ont déployé des mesures fortes et massives pour tenter de juguler les effets de la crise économique et ses répercussions sur les ménages, notamment pour protéger au maximum les emplois et garantir au plus grand nombre un maintien de leurs revenus.

C’est le cas de la France où si la proportion de ceux dont le pouvoir d’achat a augmenté reste faible (11 %, contre 13 % fin 2019), ils sont en revanche moins nombreux à estimer qu’il s’est dégradé (38 % contre 48 % fin 2019) et nettement plus à le juger stable (51 %, + 12 points). Depuis la fin du confinement, les Français sont d’ailleurs sensiblement plus nombreux que la moyenne à déclarer avoir eu tendance à consommer (26 % contre 22 % au global), leur proportion à faire attention à leurs dépenses et à épargner est donc sensiblement inférieure à la moyenne européenne (74 % contre 78 % au global).

Au cours des 12 prochains mois, la propension à épargner davantage s’avère plus élevée que celle à augmenter ses dépenses. L’attitude générale semble, en effet, renvoyer à une certaine prudence : 49 % des européens ont l’intention d’accroître leur épargne (en augmentation de 1 point) et 35 % d’augmenter leurs dépenses (en baisse de 3 points). L’intention d’épargner progresse quasiment partout et celle de consommer tend à reculer avec des disparités toutefois importantes selon les pays, déjà présentes par le passé mais accentuées sous l’effet de la crise.

Afin de prévenir des difficultés potentielles, ce sont les consommateurs des pays les plus durement touchés qui affichent des intentions plus marquées d’accroissement de leur épargne : en augmentation de 4 points au Royaume-Uni (61 %) et en Belgique (43 %), de 5 points en Italie (45 %). C’est en France que la volonté d’épargner progresse le plus (+ 8 points à 43 %). L’épargne forcée qui s’est constituée pendant le confinement pourrait en partie se transformer en épargne de précaution. Dans ce contexte, les intentions d’achat de produits pour l’année à venir reculent, de façon sensible pour la plupart d’entre eux (- 1 à - 6 points), de façon extrêmement marquée concernant les voyages et loisirs, avec une baisse de 20 points. De leur côté, les achats de meubles sont en recul de 5 % à 32 % d’intentions.

Les résultats de l’étude montrent également que l’attractivité des magasins physiques demeure élevée (63 % en Europe et en France) tout en cohabitant avec les achats en ligne (60 %, jusqu’à 71 % et 72 % en Espagne et en Italie ; 52 % en France). «Les effets économiques de la crise, redoutés et annoncés depuis plusieurs mois, n’ont à ce stade pas d’incidence significative ressentie au plan individuel, du moins en France, même si la prudence par rapport à l’avenir reste largement de mise. En outre, l’étude ne relève pas de changement structurant majeur dans les intentions d’achat. Notons néanmoins que la crise contribue à exacerber des tendances déjà présentes auparavant : une appétence encore plus forte des seniors pour les magasins physiques, et un attrait renforcé des plus jeunes pour les achats en ligne», souligne en conclusion Flavien Neuvy, Directeur de l’Observatoire Cetelem.