L'Officiel des Cuisinistes
analyse
2020 marque un tournant dans l’immobilier

Publié le 11 janvier 2021

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On le sait, le marché de la cuisine équipée est fortement corrélé à l’activité de l’immobilier, que ce soit par la construction de logements neufs mais aussi par les transactions dans l’ancien. A la clé, il y a des cuisines à réaliser ! Selon une étude publiée début janvier par PAP (De Particulier à Particulier), la crise sanitaire et le télétravail bouleversent le marché de l’immobilier. Les recherches de logement à l’achat explosent, les parisiens s’installent en Grande Couronne, les petites villes et les zones rurales cartonnent en régions.

Réalisée du 1er janvier au 31 décembre 2020, l’enquête de PAP dresse un bilan complet de l’année qui vient de s’écouler. La crise sanitaire a considérablement boosté les recherches d’achat avec une hausse de 34,1 % au total sur l’année, et le télétravail a eu une incidence significative sur la nature des recherches de logement : + 58,2 % de recherches de maison à fin 2020. Alors que Paris voit sa côte de popularité chuter de 12,6 %, la Grande Couronne progresse quant à elle de 62,6 %. Les régions profitent aussi du phénomène avec + 89,7 % pour les zones rurales et + 73,7 % pour les petites villes. 2021 s’annonce dynamique malgré une incertitude sur la situation économique.

Flashback. Du 1er au 12 mars 2020, les recherches de biens (appartement ou maison) en France Métropolitaine étaient en augmentation de 15,99 % par rapport à la même période de l’année 2019. Ce niveau de recherche s’inscrivait dans la droite ligne de 2019 et notamment de la fin 2019 : le volume de recherche du 1er novembre 2019 au 15 mars 2020 était en progression de 14,73 % par rapport à la même période de l’année précédente. 2020 s’annonçait donc pour être dans la continuité de 2019. Une chute brutale au premier confinement, suivie d’une très forte reprise. L’annonce d’un confinement lors de l’allocution présidentielle du 12 mars 2020 va tout d’abord plonger le pays dans la paralysie et faire chuter les recherches. Mais dès le 13 avril, l’annonce de la date du déconfinement va relancer les recherches à la hausse.

Et la reprise, à partir du 11 mai, est très forte : + 86,1 % de recherches entre le 11 mai et le 4 juillet. Une tendance dynamique qui perdure jusqu’à la fin de l’année. Pendant les vacances d’été et la période de rentrée, les recherches continuent d’être en forte progression par rapport à l’année 2019 (+ 52,9 % puis + 41,5 %). Et l’annonce du reconfinement le 27 octobre aura beaucoup moins d’effet qu’au mois de mars. Si l’augmentation est moins forte, elle reste à un niveau élevé : + 23,7 %. Et elle repart encore légèrement à la hausse dès le discours du premier ministre sur l’assouplissement des règles du reconfinement : + 27 %.

Au final, la progression sur l’année s’établit à 34,1 %, ce qui est bien supérieur à la tendance de début 2020. La crise sanitaire aura donc littéralement "boosté" les recherches qui n’ont jamais augmenté dans de telles proportions et si rapidement, d’une année sur l’autre. Si les recherches sont en hausse sur l’année, leur nature a changé avec la crise sanitaire. Et notamment grâce au big bang du télétravail. Dès le mois de mai, lors d’une étude menée le 27 mai 2020, PAP a observé des progressions spectaculaires sur des départements situés autour des grandes agglomérations. A l’époque, il était difficile de savoir si ces bouleversements étaient passagers ou non. Aujourd’hui, force est de constater que l’impact de la crise sanitaire est durable. Pour s’en rendre compte, il faut se pencher sur les quatre derniers mois de l’année (du 1er septembre au 31 décembre 2020) en comparaison avec la même période en 2019. C’est en effet à la rentrée de septembre que le marché a retrouvé une allure stabilisée, après la séquence atypique du déconfinement (mai- juin) qui s’est prolongée durant l’été 2020.

Les projets des acheteurs ont mûri notamment parce que la perspective d’un télétravail durable (même partiel) s’est concrétisée. Et si l’arrivée de la seconde vague et le reconfinement annoncé fin octobre ont eu un léger impact sur le volume de recherches, ils n’ont pas eu d’effet sur la nature des recherches. Bien au contraire. Les maisons représentent 66,7 % des recherches à la fin de l’année, contre 57,2 % avant le Covid. Le plébiscite de la maison individuelle, déjà constaté au printemps et à l’été ne s’est pas démenti. Du 1er septembre au 31 décembre 2020, les recherchent de maisons ont progressé de 58,2 %... alors que les appartements n’ont progressé que de 7 % sur la période ! Les petites villes et les zones rurales représentent 43,5 % des recherches à la fin de l’année, contre 33,6 % avant le Covid. Les grandes villes (+ de 100.000 habitants) passent de 31,2 % des recherches à 24,8 %. C’est l’un des effets du télétravail qui s’institutionnalise : il est moins nécessaire d’être proche des bassins d’emplois.