L’Atelier du Cuisiniste à Saint-Cyr-sur-Loire (37), près de Tours, prend vie dans les pages de notre magazine à travers les mots de son fondateur, Rémy Montagnac. Ce professionnel passionné nous a ouvert les portes de son showroom et dévoilé la clé d’un projet d’intérieur réussi : être à l’écoute du client et coconstruire ensemble une expérience d’aménagement unique.
- Un professionnel passionné et à l’écoute des clients.
- Un positionnement premium assumé.
- L’avis d’un cuisiniste indépendant sur le métier en franchise.
L’Officiel des Cuisinistes - Pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre parcours ?
Rémy Montagnac [1.1] - Mon parcours est ancré dans la technique : je suis menuisier de formation. J’ai fait mes études dans un petit village de Touraine, où j’ai obtenu mon BEP, puis mon bac menuiserie. Assez rapidement, je me suis rendu compte que rester enfermé dans un atelier avec un casque anti-bruit n’était pas fait pour moi — tout comme le fait de ne pas pouvoir échanger avec les gens qui m’entouraient. Ce n’était tout simplement pas mon tempérament.
Je me suis donc orienté vers le commerce, où j’ai eu l’occasion de travailler dans de grandes enseignes comme Leroy Merlin ou Chavigny. Quelques années plus tard, je suis entré dans l’univers de la cuisine équipée. Avec mon ancien associé, qui connaissait déjà ce secteur, nous avons décidé de créer une première structure, que nous avons implantée au sud de Tours.
Accompagner
le consommateur jusqu’au
bout de son projet
d’agencement intérieur
Cinq ans après, j’avais la volonté de lancer ma propre marque en étant indépendant. Pendant deux ans, j’ai mûri ce projet : je suis parti aux quatre coins de l’Europe pour sourcer les fabricants avec lesquels je voulais travailler. Il m’a fallu deux ans pour construire ce projet à ma mesure, avec l’exigence que je m’étais fixée.
O.C. - Quand avez-vous fondé L’Atelier du Cuisiniste ?
R.M. - J’ai déposé la marque fin 2025, et ma société a officiellement été créée en janvier 2026 ; c’est donc une aventure très récente.
Dans la foulée, j’ai créé un showroom [1.2] à taille humaine, car c’était une volonté forte de ma part que les gens ne se sentent pas dépaysés, mais au contraire comme chez eux. Ce showroom fait 180 m2 : un espace suffisamment grand pour être inspirant, mais suffisamment intime pour rester chaleureux et accessible.
O.C. - Pouvez-vous nous décrire plus en détails votre offre ?
R.M. - Au-delà de la cuisine équipée, je propose également de l’agencement de caves et de dressings [1.3], deux univers que j’ai d’ailleurs mis en scène directement dans le showroom. L’objectif est de proposer une solution globale pour la maison : accompagner le consommateur jusqu’au bout de son projet d’agencement intérieur, avec le moins de limites possible en termes de création.
Je me positionne volontairement sur un marché premium. La raison est simple : je travaille seul, et c’est précisément ce choix qui garantit à mes clients un interlocuteur unique, du premier rendez-vous jusqu’à la livraison finale. Je les accompagne sur l’intégralité de leur aménagement intérieur, avec une continuité et une exigence que seul ce format permet d’offrir, à mon avis.
O.C. - Vous vous positionnez sur le marché premium. Pouvez-vous nous parler des cuisines exposées dans votre showroom ? Quelles marques avez-vous sélectionnées, et qu’est-ce qui a motivé le choix de ces fournisseurs ?
R.M. - Je suis passionné de design et de cuisine, et c’est cette passion qui a guidé mon travail de sourcing. Il y a deux ans, je me suis rendu au Salone del Mobile à Milan, et j’ai fait le tour des fabricants italiens, allemands et français. De toutes ces rencontres, deux marques se sont imposées comme des évidences.
Je ne me considère pas
comme un cuisiniste
traditionnel, je travaille davantage comme
un artisan
La première, Häcker, qui permet une vraie montée en gamme : on se positionne sur du milieu de gamme, avec la possibilité de monter vers le haut de gamme grâce à la sélection Systemat. La seconde, Eggersmann [1.4], qui incarne véritablement l’exception et le luxe, avec des réalisations très singulières, c’est précisément ce qui m’a séduit dans cette marque.
Pour la partie mobilier et agencement intérieur, je travaille avec la marque italienne Pianca, qui couvre l’ensemble des pièces de vie avec ses produits : canapés, tables, chaises, buffets.
Côté électroménager, je me suis entouré de références pointues : Bora, Gaggenau et Miele, des marques qui partagent la même exigence que celle que je défends.
Enfin, en équipement, je propose les marques Quooker et Bradano, des acteurs très intéressants, qui s’inscrivent dans une gamme de prix différente mais dont le niveau de conception est remarquable.
O.C. - Quels sont les axes de différenciation sur lesquels vous misez ?
R.M. - L’axe que j’ai choisi, c’est résolument la différenciation. Je voulais marquer les esprits, à commencer par le showroom lui-même : j’ai travaillé les matériaux [1.5] et l’atmosphère pour que l’espace détonne. C’est clivant et c’est assumé : on aime ou on n’aime pas, mais c’est un parti pris revendiqué.
Je voulais me démarquer clairement des enseignes traditionnelles de cuisine équipée. L’objectif est que quelqu’un qui pousse la porte de mon showroom ressente immédiatement quelque chose de différent, qu’il se dise : « Ici, c’est une autre expérience ».
Je suis profondément attaché à l’expérience client. Au-delà du lieu, c’est aussi dans mon approche et dans mon discours que je veux que cette différence se ressente. Je ne me considère pas comme un cuisiniste traditionnel, je travaille davantage comme un artisan : je mets en avant la proximité, l’exigence et le sur-mesure.
O.C. - Vous évoquez un accompagnement client très poussé. Concrètement, quel service proposez-vous à vos clients ?
R.M. - Pour moi, les clients ne sont pas des numéros. Je mets un point d’honneur à vraiment les connaître (leur mode de vie, leurs habitudes, leurs envies) pour créer quelque chose qui leur ressemble véritablement.
En pratique, je commence toujours par tracer une première esquisse à la main [1.6], pour définir ensemble les zones et l’implantation. Puis j’accompagne mes clients très loin dans le choix des matériaux, des compositions, des détails. C’est dans cette profondeur de réflexion et dans cette connaissance de l’autre que réside ma vraie différenciation.
Je ne suis pas à la recherche du volume. Ce qui m’anime, c’est de travailler sur de beaux projets, bien aboutis, soignés dans les moindres détails. Je n’ai pas besoin de vendre pour vendre. Je suis avant tout un passionné, et ce que je recherche, c’est de travailler avec des personnes qui ont su ressentir cette passion.
O.C. - Qu’est-ce que le statut d’indépendant vous apporte, par rapport à l’exercice du métier sous enseigne ?
R.M. - C’est une excellente question. L’indépendance, pour moi, c’est avant tout la liberté de choisir ses partenaires et de les faire évoluer si nécessaire. Je ne voulais pas m’enfermer avec un fournisseur unique et me retrouver contraint de le suivre quoi qu’il arrive : qu’il augmente ses prix sans justification, que sa qualité baisse, ou qu’il cesse d’innover.
Comme je vous le disais, je suis passionné, et je veux être à la pointe de l’innovation, du design, de l’exigence. Pour cela, je dois conserver cette flexibilité. Si demain une marque ne correspond plus à mon identité ou n’innove plus suffisamment, je veux avoir la liberté de pivoter et d’en changer.
Aujourd’hui, ce n’est absolument pas le cas : mes deux partenaires actuels, je les ai choisis parce qu’ils me correspondent parfaitement en termes de qualité, d’innovation et de design. Mais je ne voulais pas m’enfermer dans une logique de franchise.
O.C. - Fort de votre expérience et de votre veille active, quelles sont les grandes tendances que vous observez dans la cuisine équipée en 2026 ?
R.M. - Les tendances que j’observe en 2026 restent ancrées dans le naturel : les matériaux bruts, le bois, et des couleurs douces qui procurent un sentiment de bien-être. Le beige, les teintes boisées, les tons neutres et intemporels, des choix qui font que les tendances passent, mais que le style de la cuisine, lui, reste.
Ce qui m’anime,
c’est de travailler
sur de beaux projets,
bien aboutis, soignés dans
les moindres détails
C’est dans cet esprit-là que j’ai conçu mon showroom. Il est habillé de noir : toute la coque est noire, avec des touches de couleur posées à des endroits précis. Les cuisines exposées s’inscrivent dans cette même philosophie : une cuisine en noyer avec un plan en Taj Mahal [1.7], une cuisine beige avec un plan en inox et un marbre blanc, et la cuisine Eggersmann en noyer avec du métal noir et une façade dans un vert-gris très subtil.
C’est aussi pour cela que j’ai travaillé sur un parti pris intemporel : une tendance dure généralement cinq à sept ans, et l’objectif est que le showroom s’inscrive dans cette durée. Cela dit, si dans deux ans au Salone del Mobile de Milan je tombe sur quelque chose qui m’inspire profondément, je me laisse la liberté de faire évoluer les choses.
O.C. - Comment votre société est-elle structurée ? Êtes-vous le seul propriétaire ?
R.M. - Concernant la structure de ma société : oui, je suis seul pour l’instant, et c’est un choix volontaire. Quand je vous parlais d’indépendance, ça vaut aussi en interne. L’idée à terme n’est bien sûr pas de rester seul, mais pour l’heure, c’est ce format qui me correspond.
O.C. - Quelle est votre vision pour le futur de votre showroom L’Atelier du Cuisiniste ?
R.M. - Ma vision à long terme, c’est effectivement de développer le showroom en m’entourant d’un ou deux collaborateurs. Mais aujourd’hui, il est trop tôt pour en parler : l’heure est à bien faire les choses, seul, et à accompagner mes clients avec toute l’attention qu’ils méritent.
Ce que je veux vraiment mettre en avant, c’est la passion.C’est elle qui m’anime, c’est elle qui me fait me lever le matin. Et c’est précisément pour cela qu’elle figure au cœur des valeurs que j’ai posées en fondant mon entreprise.
Ces valeurs, il y en a trois. La première, c’est l’authenticité : je reste moi-même, je ne joue pas un rôle. Quand je vous dis que je trace les premières esquisses à la main, c’est bien cela : un contact vrai, direct, sincère avec mes clients. La deuxième, c’est la passion, cette énergie qui guide chacune de mes décisions. Et la troisième, c’est la singularité : je veux que chaque personne qui entre ici [1.8 vidéo réalisée par Michaël Davain de Record & Shutter Production], et qui travaille avec moi, ressente une différence et s’en souvienne.
Sarah Jay De Rosa











