Lapeyre s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Le 5 octobre dernier, Mutares a annoncé avoir reçu une offre irrévocable portant sur la cession d’une participation majoritaire dans l’enseigne à un groupe d’investisseurs italiens. Des membres de la famille actionnaire de Bricofer, spécialiste du bricolage, et de Conforama Italia figurent parmi les repreneurs potentiels. La finalisation de la transaction est attendue au quatrième trimestre 2026, sous réserve notamment de la consultation des représentants du personnel. Mutares conserverait une participation minoritaire et resterait impliqué dans le redressement de l’entreprise.
Depuis son acquisition en 2021, Mutares a engagé plusieurs chantiers pour repositionner Lapeyre : évolution de l’offre, développement de services, investissements industriels et exploration de nouveaux relais de croissance, notamment auprès des professionnels. Mais ces initiatives n’ont pas suffi à enrayer le recul de l’activité. Le chiffre d’affaires est passé de 686 M€ HT en 2021 à environ 475 M€ en 2025, dans un contexte difficile pour le bricolage, l’aménagement de l’habitat et le marché de la rénovation.
L’enseigne doit également poursuivre l’adaptation de son réseau, qui compte 115 magasins en métropole. L’enjeu est désormais de retrouver un modèle économique plus solide, tout en préservant la place de Lapeyre sur le marché français.
Le projet de reprise entend s’appuyer sur la complémentarité entre l’organisation industrielle intégrée de Lapeyre et l’expérience commerciale de ses futurs partenaires italiens. Les achats, les approvisionnements et le développement de produits constituent les principaux leviers de coopération envisagés. L’objectif affiché est de renforcer l’efficacité opérationnelle sans remettre en cause l’identité de la marque ni son positionnement en France.
Pour Mutares, cette cession s’inscrit aussi dans une réorientation de son portefeuille vers d’autres secteurs, dont la chimie, l’énergie, les infrastructures, la logistique et les services. Pour Lapeyre, le changement d’actionnariat doit surtout ouvrir une nouvelle étape, alors que le redressement de l’activité reste le principal défi.




