Quatre-vingts ans et une conviction renouvelée : la maison n’a plus de frontières intérieures. Snaidero, la marque frioulane fondée en 1946 par Rino Snaidero, père d’Edi [1.1 - sur la photo avec notre Directeur, Gilles Verriès], a investi la Milano Design Week 2026 sur deux fronts simultanés, à savoir EuroCucina et son showroom du quartier de Brera à Milan, via San Marco, afin de déployer un récit pensé autour d’un concept aussi précis qu’ambitieux : la synesthésie. Non pas comme figure de style, mais comme programme de conception. Un espace domestique où les sens se croisent, où les pièces se parlent, où la cuisine cesse d’être un territoire fermé sur lui-même pour devenir le cœur battant d’une maison entièrement connectée, qui cherchait son centre gravitationnel (comme le chantait l’immense Franco Battiato).
Le stand, conçu par Bestetti Associati avec le projet graphique de DesignWork, traduisait cette intention dans sa structure même : une alternance d’espaces ouverts et de zones plus intimistes délimitées par des parois vitrées, créant un parcours qui n’était pas linéaire mais relationnel. Sur 400 m², Snaidero donnait à voir la cuisine et le salon comme deux âmes d’un seul et même récit.
La cuisine et le salon
comme deux âmes
d’un seul et même récit
Du côté des nouveautés produits, la division Sistema Snaidero a présenté trois compositions, Elementi [1.2], Orbita et Quadra, enrichies de finitions inédites dont l’aluminium bois nervuré en Noyer Américain, surface au toucher fortement tactile qui joue autant sur la sensorialité que sur la continuité visuelle dans les espaces ouverts. Une zone entière du stand était consacrée aux matières brutes (bois, pierre, métal) avec des moodboards (planches d’ambiance, NDLR) proposant des pistes de dialogue entre cuisine et salon, illustrant concrètement comment ces univers peuvent se répondre sans se confondre. Les céramiques effet pierre et les marbres naturels élargissaient par ailleurs la palette catalogue 2026, répondant à un appétit croissant pour des intérieurs dominés par la matérialité chaude et naturelle.
Deux solutions ont particulièrement incarné l’ambition d’extension de la marque vers le haut de gamme. Le Rialto d’abord, élégante vitrine en verre Fumé ou Bronze avec rayons en verre et éclairage intégré, s’est enrichi d’une version à 360°, autoportante, pouvant être placée au centre de la pièce pour créer des séparations transversales fluides entre cuisine, salle à manger et salon. Un meuble-frontière qui divise, donc, sans cloisonner. Le système Modula, introduit en 2025 pour la réalisation de structures murales équipées, s’est quant à lui étoffé d’un tiroir suspendu, complétant sa gamme fonctionnelle tout en adoptant les mêmes finitions que les cuisines, un détail qui parle de cohérence chromatique et matérielle, et qui sous-tend l’ensemble du projet.
Enfin, c’est Ola [1.3] qui a peut-être porté le message le plus fort. Ce projet Pininfarina, entré dans les Icones Snaidero en 1990, s’est enrichi d’une nouvelle courbe pour les portes de meubles bas et d’îlot. Plus qu’une évolution formelle, c’est un rappel historique : Ola amorçait déjà, il y a plus de trente ans, ce dialogue entre la cuisine et les autres espaces de la maison que Snaidero affirme aujourd’hui [1.4 vidéo] comme stratégie d’entreprise. La boucle se referme avec élégance et avec la conscience que les meilleures idées n’ont pas d’âge, elles ont simplement besoin du bon moment pour s’épanouir pleinement.
Nous avons eu le plaisir d’être invités, avec de très nombreux clients, à participer à l’événement organisé par la marque italiennne, à l’occasion de ses 80 ans, sur le rooftop du magnifique Ceresio 7, le 22 avril dernier.
Sarah Jay De Rosa







